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Culture Littérature - Book1

Lettre ouverte à Bachar Al Assad

Lettre ouverte à Bachar Al Assad, Président de la Syrie

 

 

 

Monsieur le Président,

 

Le martyre du peuple syrien afflige l’humanité. Chaque jour, les morts s’ajoutent aux morts, les blessés aux blessés, les destructions aux destructions. Aujourd’hui, la Syrie, ce pays magnifique dont l’histoire est une leçon de grandeur pour l’humanité, est en passe de disparaître.

 

L’humanité est effarée. Elle veut aider mais elle ne sait comment, elle appelle au secours pour le peuple syrien mais personne ne vient. Les grands Etats sont pris dans leurs calculs, l’ONU compte les résolutions bloquées. Aux lamentations des uns, elle ajoute les siennes, à leurs hésitations elle répond par les siennes.

 

Pendant ce temps, dans votre pays, le nombre de victimes s’accroît à la moyenne effarante de 150 morts par jour. Demain, comme toujours, nous saurons que nous étions loin du compte, des blessés vont mourir faute de soins et des personnes arrêtées vont disparaître. Nous les retrouverons demain dans des charniers secrets. Il y a aussi les réfugiés dans les pays voisins, leur nombre s’accroît d’heure en heure et nous savons que beaucoup ne reviendront pas chez eux avant longtemps. Ce qui s’est passé en Algérie, en Irak, en Libye, au Yémen, au Bahreïn, se reproduit en Syrie avec une intensité plus grande, avec une férocité plus terrible.

 

Tout cela, vous le savez, Monsieur le Président, vous recevez des masses de rapports quotidiens sur votre bureau. Peut-être leur lecture vous donne-t-elle froid dans le dos, peut-être vous fait-elle seulement sourire.

 

Mais ne vous illusionnez pas, l’aide que vous apportent certains pays, directement comme la Russie et la Chine qui bloquent l’action du Conseil de sécurité, ou indirectement par leur silence, ne sauraient légitimer vos actes, ou en réduire l’horreur, tôt ou tard vous vous aurez à en répondre devant la justice syrienne ou internationale.

 

Monsieur le Président,

 

La situation semble inextricable, mais il y a pourtant un moyen simple pour sauver le peuple syrien martyr : démissionnez. C’est la seule vraie solution pour tous, pour le peuple syrien, pour vous, votre famille, vos amis, pour la région et pour le monde. Tout est en votre main.

 

D’autres dirigeants l’ont fait quand leur pays était en danger extrême. En Algérie, feu le président Chadli et le président Zeroual l’ont fait. Moubarak aussi. Et même le président yéménite Abdallah Saleh. Un peu partout dans le monde des chefs d’Etat ont su se retirer pour préserver leur peuple et leur pays.

 

Annoncez que vous démissionnez et appelez les parties à négocier une transition sous l’égide des Nations unies. Vous pourrez négocier votre départ, avec votre famille, comme a su le faire le président Saleh. Si les Russes et les Chinois refusent de vous accueillir, allez en Algérie. Les Algériens ont de la mémoire : ils se souviennent que la Syrie a accueilli leur héros, l’Emir Abdelkader, lorsque vaincu par la France, il fut autorisé en 1852 par Napoléon III, devenu son ami, à s’installer en Syrie, où il fut rejoint par des milliers d’Algériens fuyant la colonisation française.

 

En dehors de cette voie, il n’y en a qu’une pour vous, hélas pour votre famille : la mort comme Saddam Hussein ou comme Kadhafi. Ou la prison à vie dans une cellule aseptisée de La Haye.

 

Vendredi, 7 décembre 2012

 

David Grossman

Claudio Magris

Amos Oz

Orhan Pamuk

Boualem Sansal

Martin Walser

Liao Yiwu